Musée du Scaphandre d'Espalion
Façade néogothique du Musée du Scaphandre, sur le boulevard Joseph-Poulenc.
Façade néogothique du Musée du Scaphandre, sur le boulevard Joseph-Poulenc.

Insolite au premier abord, ce musée témoigne pourtant d'une invention qui, au milieu du XIXe siècle, prend racine dans les entrailles de la terre, sous la forme d'un appareil de sauvetage pour les mines de charbon, et qui, transposé dans le domaine marin, va ouvrir le chemin de la plongée au XXe siècle.

Créé en 1980 en hommage aux inventions pionnières dans le domaine de la plongée des Aveyronnais Benoît Rouquayrol, d’Auguste et Louis Denayrouze, nés près des rives du Lot et d'Espalion, à plus de 200 km des côtes maritimes, il a été le premier d’Europe à se consacrer au scaphandre.

Ses collections se sont enrichies au fil des années par des acquisitions, mais aussi grâce à des nombreux soutiens du  Musée Océanographique de Monaco, du Musée national de la Marine (dépôts), de la Marine Nationale, des sociétés Comex, ex-Elf Aquitaine, Spirotechnique, Cristal et Lama, de la BBC de Londres, et également grâce aux familles Rouquayrol, Denayrouze et Piel, ainsi qu’à des professionnels émérites et passionnés.





Juin 2008


Maquette réalisée et offerte au Musée du Scaphandre par Marc Jasinski
Maquette réalisée et offerte au Musée du Scaphandre par Marc Jasinski
Le « Diving engine » de John Lethbridge
Cet engin ressemble à un tonneau de bois lesté, percé d'un hublot, où le plongeur respire à la pression atmosphérique. Seuls ses bras, munis de bracelets étanches, sortent de la coque, dotant ainsi cette machine d’une capacité de préhension et de travail sous-marin. La machine nécessitait pour sa mise en oeuvre un navire avec mât de charge et un équipage très rôdé auquel le plongeur pouvait faire entièrement confiance.

Plongées jusqu'à 18 mètres…
Le volume d’air contenu dans la machine donnait une autonomie respiratoire de 30 minutes environ. Il fallait ensuite, en surface, introduire de l’air frais à l'aide d'un soufflet par un orifice au niveau de la tête, l'air vicié étant évacué au niveau des pieds. Le plongeur pouvait ainsi effectuer sans sortir de sa coque des séries de plongées durant plusieurs heures. Mais il devait fréquemment remonter en surface pour rétablir la circulation du sang dans ses bras exposés à la pression de l’eau. Lethbridge avait conclu de ses expérimentations qu'il pouvait travailler jusqu'à 18 mètres. Plus bas, la pression subie par les bras devenait en effet intenable.

L'histoire débute dans les mines de charbon près de Decazeville, à quelques 50 km d'Espalion…


Benoît Rouquayrol (1826-1875), directeur des mines de Firmy
Benoît Rouquayrol (1826-1875), directeur des mines de Firmy
Benoît Rouquayrol, ingénieur des Mines, directeur à Firmy, poursuit la longue tradition de recherche d'appareils de sauvetage pour mineurs pris en milieu irrespirable.
Dans la lignée de Charles Combes (1844) et M. Boisse, ingénieur des mines de Carmaux (auquel il est apparenté par son mariage), auteurs d'appareils de sauvetage à réservoir métallique et régulateur, il dépose en 1860 un brevet pour un "régulateur pour réguler l'écoulement des gaz comprimés", opérationnel en milieu aussi bien atmosphérique qu'aquatique. Ce procédé est mis en œuvre dans l'isoleur Rouquayrol, breveté en 1862.
Avec cet appareil respiratoire portatif, perfectionné par de nombreuses additions au brevet de 1860, Benoît Rouquayrol apporte le principe clé de la plongée autonome : le détendeur à la demande.

Réservoir-régulateur Rouquayrol-Denayrouze. (Photo  M. du Scaphandre).
Réservoir-régulateur Rouquayrol-Denayrouze. (Photo M. du Scaphandre).
Cette pièce, don de Bernard Piel, dernier fabricant de scaphandre succédant à la société initialement fondée par Rouquayrol et Denayrouze, est la pierre angulaire du Musée, fondé en hommage aux inventeurs aveyronnais de la plongée autonome.