JULES VERNE
…Mais dans ces conditions, l’homme n’est pas libre. Il est rattaché à la pompe qui lui envoie l’air par un tuyau de caoutchouc, véritable chaîne qui le rive à la terre, et si nous devions être ainsi retenus au Nautilus, nous ne pourrions aller loin.
- Et le moyen d’être libre ? demandais-je.
- C’est d’employer l’appareil Rouquayrol-Denayrouze, imaginé par deux de vos compatriotes, mais que j’ai perfectionné pour mon usage.
Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers, 1869-1870, partie I, chapitre XV.
- Et le moyen d’être libre ? demandais-je.
- C’est d’employer l’appareil Rouquayrol-Denayrouze, imaginé par deux de vos compatriotes, mais que j’ai perfectionné pour mon usage.
Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers, 1869-1870, partie I, chapitre XV.
Les machines à plonger de Nemo, le « génie des eaux »
Bien que souvent oublié ou méconnu des écrits sur Jules Verne, complémentaire du Nautilus, le scaphandre est un instrument indispensable à la vie sous-marine du capitaine Nemo, qui s’est juré de ne vivre que dans et de la mer. Il lui permet chasse et cueillette au fond des mers, exploitation des houillères sous-marines, explorations « archéologiques » (visite des ruines de l’Atlantide), prélèvement des trésors des épaves englouties (les 500 millions de la baie de Vigo)…
Or Nemo ne peut concevoir d’explorer les fonds marins en étant tributaire d’une pompe, enchaîné à un point d’ancrage par un ombilical. Son scaphandre ne pouvait être qu’autonome !
Bien que souvent oublié ou méconnu des écrits sur Jules Verne, complémentaire du Nautilus, le scaphandre est un instrument indispensable à la vie sous-marine du capitaine Nemo, qui s’est juré de ne vivre que dans et de la mer. Il lui permet chasse et cueillette au fond des mers, exploitation des houillères sous-marines, explorations « archéologiques » (visite des ruines de l’Atlantide), prélèvement des trésors des épaves englouties (les 500 millions de la baie de Vigo)…
Or Nemo ne peut concevoir d’explorer les fonds marins en étant tributaire d’une pompe, enchaîné à un point d’ancrage par un ombilical. Son scaphandre ne pouvait être qu’autonome !
Le scaphandre « high-tech » de l’époque
Jules Verne s'est sans doute documenté sur les scaphandres à travers ses lectures ; de plus, ayant visité l’Exposition universelle de Paris de 1867, il a dû voir l’appareil qui l'intéressait, médaille d'or dans la catégorie des scaphandres, fonctionner dans la piscine de démonstration de la société Rouquayrol-Denayrouze.
Le plongeur portait l'équipement destiné aux interventions longues - le plus couramment utilisé - avec un réservoir modèle basse pression relié à une pompe, associé à un "masque groin" (contenant l'embout buccal du détendeur) et à une combinaison étanche de protection contre le froid.
L'appareil Rouquayrol-Denayrouze, breveté en 1864, révolutionnait l'équipement de plongée par son fonctionnement avec détendeur à la demande. En effet, il permettait d'alimenter automatiquement le plongeur avec de l'air comprimé à pression ambiante, et lui fournissait une réserve d'air en cas d'avarie du tuyau ou de la pompe.
Jules Verne s'est sans doute documenté sur les scaphandres à travers ses lectures ; de plus, ayant visité l’Exposition universelle de Paris de 1867, il a dû voir l’appareil qui l'intéressait, médaille d'or dans la catégorie des scaphandres, fonctionner dans la piscine de démonstration de la société Rouquayrol-Denayrouze.
Le plongeur portait l'équipement destiné aux interventions longues - le plus couramment utilisé - avec un réservoir modèle basse pression relié à une pompe, associé à un "masque groin" (contenant l'embout buccal du détendeur) et à une combinaison étanche de protection contre le froid.
L'appareil Rouquayrol-Denayrouze, breveté en 1864, révolutionnait l'équipement de plongée par son fonctionnement avec détendeur à la demande. En effet, il permettait d'alimenter automatiquement le plongeur avec de l'air comprimé à pression ambiante, et lui fournissait une réserve d'air en cas d'avarie du tuyau ou de la pompe.
Mais Jules Verne pointe dans l'appareil ce qu'il comporte de futuriste : sa capacité à être autonome - peu utilisée à l'époque, faute d'autonomie suffisante en regard des travaux subaquatiques courants. (Les activités d'exploration, d'archéologie ou de loisirs sous-marins étaient inexistants durant le dernier tiers du XIXe siècle).
Ainsi, le romancier choisira pour le capitaine Nemo la version autonome de l'appareil, prévu avec le réservoir à haute pression (d'une contenance de 35 litres), et coiffera son scaphandrier d'un casque de scaphandrier "pieds-lourds", avant même que ne soit commercialisé celui prévu par Auguste Denayrouze en remplacement du "masque groin", jugé trop malcommode par la Marine Impériale.
Fantasmes technologiques visionnaires : l’appel des grandes profondeurs
Pour justifier les grandes excursions sous-marines de Nemo, Jules Verne extrapole les performances réelles de l'appareil Rouquayrol-Denayrouze (30 minutes d’autonomie à 10 mètres pour le réservoir à haute pression, d'une contenance de 30 litres, jusqu'à une profondeur de 45 mètres).
L'auteur explique en effet que Nemo a « perfectionné » le sien avec casque et cuirasse, qu'il dispose de 10 heures d’autonomie et plonge jusqu’à 300 mètres…
Il a fallu dans la réalité attendre un siècle pour que le défi lancé aux profondeurs par Nemo à l’époque de la pose du premier câble transatlantique s’incarne dans la réalité : en 1975 les plongeurs de la Comex plongent à l’héliox à -326 mètres (opération Janus 3). Les recycleurs d’air des spéléonautes permettront, à l’orée du XXIe siècle, une autonomie comparable à celle de Nemo, à des centaines de mètres de profondeur. Mais les plongeurs ont besoin de chauffage plus que d’une cuirasse !
Pour justifier les grandes excursions sous-marines de Nemo, Jules Verne extrapole les performances réelles de l'appareil Rouquayrol-Denayrouze (30 minutes d’autonomie à 10 mètres pour le réservoir à haute pression, d'une contenance de 30 litres, jusqu'à une profondeur de 45 mètres).
L'auteur explique en effet que Nemo a « perfectionné » le sien avec casque et cuirasse, qu'il dispose de 10 heures d’autonomie et plonge jusqu’à 300 mètres…
Il a fallu dans la réalité attendre un siècle pour que le défi lancé aux profondeurs par Nemo à l’époque de la pose du premier câble transatlantique s’incarne dans la réalité : en 1975 les plongeurs de la Comex plongent à l’héliox à -326 mètres (opération Janus 3). Les recycleurs d’air des spéléonautes permettront, à l’orée du XXIe siècle, une autonomie comparable à celle de Nemo, à des centaines de mètres de profondeur. Mais les plongeurs ont besoin de chauffage plus que d’une cuirasse !
Chasse aux trésors engloutis : la fiction devance la réalité
Dans le chapitre intitulé « La baie de Vigo » (Partie II, chapitre VIII) de Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne met le capitaine Nemo « en concurrence » avec la réalité historique de la recherche des mirobolants trésors de la baie de Vigo .
Selon le romancier, son héros passe quelques mois avant l’expédition historique montée par le Français Magen, équipé d’appareils Rouquayrol-Denayrouze, pour effectuer le sauvetage des trésors perdus par la Flotte d’Argent espagnole lors de la bataille de Rande en 1702. Nemo se vante d’avoir fait main basse sur les riches cargaisons, et de rien laisser à ceux qui passeront derrière lui.
… Or l’expédition Magen, qui, en 1870-1871 effectue pourtant des recherches remarquables, ne trouva que des « miettes » du trésor tant convoité…
Dans le chapitre intitulé « La baie de Vigo » (Partie II, chapitre VIII) de Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne met le capitaine Nemo « en concurrence » avec la réalité historique de la recherche des mirobolants trésors de la baie de Vigo .
Selon le romancier, son héros passe quelques mois avant l’expédition historique montée par le Français Magen, équipé d’appareils Rouquayrol-Denayrouze, pour effectuer le sauvetage des trésors perdus par la Flotte d’Argent espagnole lors de la bataille de Rande en 1702. Nemo se vante d’avoir fait main basse sur les riches cargaisons, et de rien laisser à ceux qui passeront derrière lui.
… Or l’expédition Magen, qui, en 1870-1871 effectue pourtant des recherches remarquables, ne trouva que des « miettes » du trésor tant convoité…
* Allusion à l'expression de François Raymond "Jules Verne, le scaphandrier des abîmes"




